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26/10/2016

La commanderie templière d'Epailly

Lors de mon dernier séjour en Côte d'Or nous avons visité cette commanderie templière qui nous avait tant frappé par sa majestueuse et simple beauté au gré d'une de nos promenades. Pour cela il fallait téléphoner directement à la propriétaire, Madame Elizabeth Hiller von Gaertringen.

Alors évidemment ce n'est pas si simple de tomber sur Mme Hiller. On téléphone, on laisse un message sur un répondeur qui ne semble pas prendre de message, mais une fois le contact établi tout est très facile.

Quand on gare la voiture à l'extérieur du mur qui ceint le domaine et qu'on entre finalement par le grand portail on est saisi par l'espace qui s'ouvre devant nous. On comprend mieux aussi que répondre au téléphone ne soit pas immédiat.

Vers la droite, on voit la chapelle qui n'est pas immense, mais sa simplicité et sa pureté vous coupent le souffle. Qui imaginerait une chapelle du XII-XIIIème au milieu d'un corps de ferme ? Une ferme toujours exploitée, en entrant, nous cotoyons un grand hangar dans lequel sont garés des tracteurs et des remorques. A gauche par contre un grand corps de logis qui abritait les écuries, ensuite une magnifique tour-pigeonnier, au milieu la maison de maître, en belle pierre bourguignonne blanche, bâtie au début du XIXe. Et puis, la chapelle templière !

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Madame Hiller est allemande. C'est une de ses arrières grandes-tantes qui a acheté Epailly en 1938, fuyant l'Allemagne nazie. Hélas, ses deux fils ont été déportés après dénonciation à la milice et le domaine attribué à une famille d'agriculteurs qui avaient huit enfants. Un des deux frères mouru en 1955 à Cologne et l'autre pu finalement récupérer le domaine mais il mourut quelques années plus tard, en 1959. N'ayant pas d'enfants ni l'un ni l'autre, ils léguèrent Epailly à leur nièce, Marie Anne Hiller, la mère de l'actuelle propriétaire.

L'histoire familiale nous est racontée par Mme Hiller elle-même, alors qu'elle vous explique comment ils ont retrouvé les traces de tel ou tel élément datant du XIIe. On est vite captivé par cette femme pas très grande, aux yeux magnifiques qui vous transpercent. Elle est pleine d'énergie ! Il faut vous l'imaginer, alors qu'elle nous montre les bâtiments, accompagnée de ses deux chiens, un setter irlandais, d'un âge certain, et une chienne berger belge noire qui parfois lance un aboiement rauque des plus étranges.

Dégager le terrain, restaurer la chapelle, consolider des murs, tout ça a demandé un temps et une énergie fous, et de l'argent. Personnellement, je trouve qu'elle a du mérite. En nous montrant la chapelle, elle nous raconte comment la voute s'est effondrée d'un coup, une nuit. Elle a été réveillée par les vibrations qui lui ont fait croire à un tremblement de terre. Je me rend compte de la chance inouïe que cela soit arrivé en pleine nuit, alors que personnne ne se trouvait à l'intérieur. La restauration du toit a coûté 1millions d'€, 500 000 ont été donnés par le Ministère de la culture. Et là il faut recommencer ! Il y a tellement de choses à faire ! 

Le clou de la visite, quand elle nous fait descendre à la cave, qui est voutée et date des templiers bien sûr. 

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Le drame est que le maire du village tout proche a cédé aux offres d'une compagnie d'électricité, la compagnie Qadran, les autorisant à implanter 8 éoliennes de 150 mètres de haut ! Pourquoi des éoliennes aussi hautes ? Parce qu'il n'y a pas beaucoup de vent et qu'il faut aller le chercher très haut.

Il n'est pas le seul. En consultant un dossier constitué par une association s'intéressant aussi à la préservation du patrimoine "Villages anciens, village d'avenir", je découvre que 346 éoliennes sont en projet...

Evidemment, il existe une association des amis de la Commanderie, ironie du sort, le maire du village de Courban en était le trésorier. La Fondation du patrimoine a suivi de près les travaux de préservation lancés par Mme Hiller, mais elle ne peut pas tout faire. Dans le sens que si même nous, dans nos petits appartements de ville, sommes découragés quand il faut repeindre un mur, refaire une cuisine ou changer une fenêtre, nous pouvons facilement comprendre la fatigue qui peut gagner le propriétaire d'une maison aussi grande.

Oui, elle a certainement des moyens, mais pas suffisament, quand on voit l'ampleur du domaine, et  la taille de ses adversaires. En ce moment elle est préocuppée : elle revient souvent en Allemagne au chevet de son frère qui a un cancer, donc, se battre contre des moulins à vent, elle n'a pas vraiment le temps.

Nous avons bien sûr tous adhéré à l'association. C'est la moindre des choses que nous pouvions faire.

 

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http://www.commanderie-templiers-epailly.com/

 

 

 

20:35 Publié dans Bourgogne | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

ça a l'air bien beau cet édifice! et le ciel était superbe quand tu as fait les photos.
pour ce qui est des éoliennes comme je suis pour les énergies alternatives je me dis qu'il faut bien les mettre quelque part! et s'il n'y a pas trop d'habitations dans les environs à part cette commanderie...le lieu est peut-être bien choisi?

Écrit par : marie-andrée | 02/11/2016

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Je vais prochainement écrire un article sur les éoliennes afin que les personnes habitant en ville comprennent mieux l'enjeu de cette source d'énergie propre.
Le problème est qu'il n'y a pas bcp de vent sur le plateau châtillonnais, que pour aller le chercher il faut donc construire des mats de 150 mètres de haut. Alors quand on sait combien est "beau" dans le paysage un pylône électrique de ligne à haute tension qui ne fait que 35 mètres de haut, imagine donc une dizaine d'éoliennes.
Par ailleurs, il faut les planter dans le sol avec un trou d'une grande profondeur et d'un diamètre important, en y coulant du béton. Il faut les remplacer au bout de 15 à 20 ans. Donc, il faut avoir la possibilité, le temps et l'argent de re-habiliter le site en rebouchant les trous. Mettre des éoliennes sur un plateau forestier c'est à mon avis, un peu dommage. Bref. Cela mériter une éeflexion et une étude un peu plus approfondies qu'un petite article de 20 lignes et je vais m'y mettre.

Écrit par : Carabas | 03/11/2016

ok j'attends le prochain article...je ne sais pas pourquoi mais j'aime les éoliennes dans le paysage! Après je ne sais quelle hauteur elles ont et en mettre à cet endroit n'est peut-être pas une bonne idée sur un stricte plan technique (la force du vent dans ce coin). Qu'en pensent les élus écolos? S'il y en a dans la région...

Écrit par : marie-andrée | 07/11/2016

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C'est un phénomène que l'on ne peut apprécier qu'en étant sur place. Il n'y a pas d'élus ecolos dans le coin.

Écrit par : Carabas | 09/11/2016

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