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28/12/2012

Enfants de la guerre, grandes espérances...

Aujourd'hui pas beaucoup de sujets en provenance des deux sources auxquelles nous sommes abonnés, EVN et Reuters, c'est Noël. Donc, pour une fois, j'ai vraiment le temps de regarder ce qui arrive. Et cet après-midi, vers 17 heures, un reportage fait par l'ONG "Save the children" dont le boulot est - entre autres choses - de permettre à des enfants déplacés par la guerre de retrouver leur famille, tombe (entre le coup de gueule du ministre de l'économie finlandais, furieux que ce soient les chantiers de St Nazaire qui aient remporté le contrat de Royal Caribbean et une injection sur la pension alimentaire que touchera Veronica Lario, l'ex femme de Silvio Berlusconi, 30 millions d'euros par mois). Je prend donc le temps de bien lire les traductions des sonores de cette famille originaire du Nord Kivu qui vient de se retrouver dans un camp de réfugiés à Goma.

Quatre garçons, l'aîné 17 ans, Anicet 10 ans, Baraka 7 ans et le petit dernier dont j'ai hélas oublié le prénom 4 ans. Leurs parents les recherchent depuis le début de l'année et grâce à Save the Children ils sont finalement réunis. Je lis les témoignages, de la maman, Joséphine, et d'un des enfants, Anicet. Ils mentionnent le fait qu'ils n'ont presque rien à manger quasiment à chaque phrase. "J'étais si heureux que le fait que je n'ai pas mangé n'avait plus d'importance" dit Anicet. "J'étais si heureuse que de n'avoir mangé que de la bouillie le matin je l'avais oublié" dit la maman. On nous montre ce camp. Au fait une espèce de bidonville. Des cabanes de paille qui tiennent ensemble avec de la boue. Des bâches en plastique en guise de toit. Des haillons et des bouts de tissus en guise de porte. On voit Joséphine en train de faire bouillir je ne sais quoi dans une marmite devant sa cabane. Le dénuement est total. Bien qu'on ait mentionné un père, il n'apparait pas dans le reportage.

Témoignage de Kate, volontaire de Save the Chilfren, jeune anglaise blonde et ravissante, à l'accent si chic, qui explique que souvent les enfants se trouvent séparés brutalement des parents en cas de conflit. Témoignage en français de l'africain d'une cinquantaine d'année employé par Save the Children qui nous explique que la re-unification de cette famille s'est faite sans problèmes. Cela veut-il dire que parfois il y a des problèmes ? Que des enfants ne soient pas repris par leurs parents par exemple ? 

Ensuite on nous montre la vie du camp. Un jour de marché. Etals dérisoires, queues interminables pour remplir des jerrycans d'eau. Enfants de 5 ans avec harnais sur le front pour ramener de l'eau. Enfants de 5 à 11 ans faisant les guignols (heureusement) parce que la caméra est là et qu'on entend chanter.

Bref. Je repense à la faim qui tenaille Joséphine qui vient de retrouver ses quatre garçons. Je revois le geste affectueux avec lequel l'aîné berce sa petite soeur née dans ce campement de Goma. Je suis déprimée pour le reste de la journée.

J'oubliais. Le matin j'avais eu droit à un reportage de la télévision belge en langue flamande sur les enfants syriens du camp de réfugiés de Zaatari en Jordanie. La journaliste avait suivi un jeune garçon de 8 ans qui va vendre du thé dans le camp. On le voit faire bouillir l'eau sur un butagaz, jeter un poignée de thé d'un paquet à l'emballage rouge dans sa bouilloire et ensuite verser l'infusion dans un énorme thermos (comme on peut en voir dans les restaurants chinois ou japonais, on appuie sur le bouchon et ça verse le thé). Il circule en proposant son thé d'une voie forte et gaie. La journaliste nous montre aussi des petits garçons qui regardent la télévision afin de savoir ce qui se passe chez eux (les images que moi je reçois par le fil Reuters ou EVN, de bombardements et destruction). Un de ces petits garçons, très digne, ne peut s'empêcher de verser quelques larmes quand il repond à la journaliste. Encore plus dur pour moi, tous les sonores des enfants ont été effacés, certainement pour faire place à la voix qui devait dire la traduction. Donc je n'entends que le commentaire en flamand de cette journaliste belge, et un grand silence derrière, et je vois des larmes rapidement essuyée d'un petit poing rageur.

Quoi dire ? Rien.

Je pense au roman de Charles Dickens "Great expectations", Grandes espérances en français. J'ai l'impression d'en avoir vu pas mal aujourd'hui, des petis Pip, congolais ou syriens. Et Great expectations se termine bien. J'espère qu'Anicet et Baraka (au nom prédestiné) auront eux aussi des fins heureuses.

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