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11/08/2014

Eric Rohmer - La Fermière de Montfaucon (Aisne)

Après avoir vu "Maestro" de Lea Frazer, j'ai eu envie de revoir des films de Rohmer. Le film de Lea Frazer raconte un tournage, inspiré de celui d'Astrée et Céladon, le dernier film que Rohmer a réalisé avant sa mort. C'est une comédie charmante, qui raconte l'amour de tourner un film ensemble. Y jouent Michael Lonsdale, que je vénère, et une flopée de jeunes et moins jeunes acteurs, dont la formidable Dominique Reymond, que j'adore depuis La Maladie de Sachs (où elle est la secrétaire du Docteur, lui-même interprété par Dupontel).

Chance, dans ma boutique de DVDs à prix cassés préférée, DiscKing pour ne pas la nommer, je trouve un coffret contenant 6 films, pour le prix de 13,90 €.

Trois films anciens, trois films modernes : Le Signe du Lion - La Marquise d'O - Perceval le Gallois - Quatre aventures de Reinette et Mirabelle - L'Arbre le Maire et la Médiathèque - Les Rendez-vous de Paris.

Aujourd'hui j'ai vu "L'Arbre, le Maire et la Médiathèque", de 1993.

Si comme tout film de Rohmer, il demande à être regardé avec une attention soutenue, j'ai éprouvé un grand plaisir à le découvrir. Il est d'une grande actualité. Les propos qui s'y tiennent ont un écho tout à fait étonnant avec nos temps où l'écologie est aux premières loges, où l'on parle de la désaffection des Français pour la chose politique et du manque de confiance dans leurs élus. Oui, nous sommes en 1993, il n'y a pas d'internet, un des personnages met une cassette dans sa radio pour enregistrer une émission de france culture (aujourd'hui elle l'aurait podcastée !), mais la campagne qui y est décrite ressemble fort à une campagne d'un village de France de 2014. La stratégie politique du maire, incarné par Pascal Greggory, est parfaitement juste ! Mais ce n'est pas tellement du film dont je veux parler plutôt que du supplément qui figurait sur le DVD : un petit film documentaire qui trace le portrait d'une fermière de Montfaucon.

Le film suit cette femme d'une trentaine d'années dans les travaux de la ferme et sa vie. Le commentaire est dit par elle. Le court métrage est une merveille de justesse sociologique et un bijou du point de vue de l'image. J'ai particulièrement aimé comment - malgré le fait que les travaux de la ferme soient durs, elle soit toujours joliment habillée, et presque toujours dans des tons bleu clairs. Elle porte souvent une blouse fleurie, et un pull, tricoté à la main en laine bleu ciel. Quant elle va aux réunions du conseil municipal, car elle est conseillère, elle revêt un élégant tailleur bleu paon. 

La dignité, le respect avec lequel elle est filmée sont absolument admirables. Les propos qu'elle tient sur la vie à la ferme sont éclairant. Heureusement internet est là aujourd'hui qui m'informe sur le site des Films du Losange que ce documentaire est sorti le 1er Janvier 1968.

fermiere.png

Et quelqu'un l'a mis sur you tube... Le voici. Ce n'est pas bien, il faut acheter les films. Mais regardez ici, regardez la scène d'introduction, où cette femme est filmée en train d'éplucher ses pommes de terre dans sa cuisine, éclairée par la fenêtre au dessus de l'évier. On dirait un Vermeer. Et pourtant, tout est vrai. C'est la poésie du quotidien.

https://www.youtube.com/watch?v=FQa91k1qUac

 

Et ici un lien vers un blog remarquablement bien écrit qui parle justement de Rohmer et de La Fermière, entre-autres chises.

http://lesamitieslointaines.blogspot.fr/2010/01/2-films-courts-deric-rohmer.html

 

21:06 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je vais essayer de voir ce court métrage: en cliquant sur le lien je n'ai pas réussi, je vais ré essayer!
Moi aussi j'aime bp Dominique Reymond, qu'on voit peu au ciné malheureusement. Elle joue dans un documentaire que j'ai trouvé très intéressant: c'est un film qui raconte le travail d'une petite troupe de musiciens qui monte Noces de Stravinsky. Ca se passe en Suisse sur les lieux où a vécu Ramuz (un auteur que j'aime bp) et le film raconte aussi les liens entre lui et Stravinsky. Elle y a un beau rôle de passeuse, celle qui crée le lien, un peu comme dans Maestro.

Écrit par : marie-andrée | 13/08/2014

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