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29/01/2012

Entre Mantes la jolie et Rosny sous bois

Je suis allée visiter l'emplacement d'un futur eco-quartier situé entre Mantes la jolie et Rosny sous bois.

J'ai donc pris le train à la gare St Lazare, un train qui allait jusqu'à Rouen et dont le premier arrêt était Mantes. Là un car m'a amenée, avec d'autres membres du même panel que moi, jusqu'au site où s'érigera le futur eco-quartier. J'ai vu le Val Fourré, le quartier de Mantes qui a tant fait parler de lui. Il s'agit de deux grandes tours. J'ai aussi vu la nouvelle piscine, magnifique, construite non loin de là, et le fameux hôpital, qui est immense.

Le site est beau, tout près de la Seine. De l'autre côté il y a le Vexin, très jolie région. On a du mal à le croire quand on se retrouve au dessus de l'autoroute A13, qui vous mène à Deauville en moins d'une heure, m'explique le chauffeur du car, tout en traversant ces abords de ville qui sont si laids avec leur restaurant Courtepaille, leur Léon de Bruxelles, leur hyper marché mastodontique Auchan. Le vieux Mantes est beau d'ailleurs, avec sa cathédrale dont on aperçoit les tours au loin.

Rosny sous bois est une petite ville de 6000 habitants. Elle possède sa station d'épuration qui est un peu laide. Il y a un joli bois et un château, le château que s'était fait construire Sully, en bord de Seine. Ce qui explique les fréquentes références au ministre d'Henry IV dans le coin, notamment le nom du collège. Racheté par un escroc japonais dans les années '90,  il fut victime d'un pillage en règle de ses meubles et boiseries pour finalement être vandalisé après son abandon. Il a été depuis restauré.

Bref. Je me suis retrouvée avec la maire de Rosny, le maire de Mantes et des habitants de Rosny et de Mantes et de la région à marcher dans une sorte de no man's land qui avait un certain charme.

Ensuite tout le monde (sauf les maires qui nous ont retrouvé à la fin) était réuni dans un salle communale appelée l'espace Corot pour travailler sur quatre zones de ce futur eco-quartier. C'était un travail très intéressant.

Je suis restée impressionnée par la méthode utilisée et la volonté de réunir un maximum de personnes intéressées par le projet dans un soucis réel de concertation. J'avoue que je me sentais un peu de trop, ou illégitime, car j'avais été quelque part "recrutée" par l'institut de sondage qui ne participait que dans une moindre mesure à cette consultation. Il y avait eu bien sûr des réunions publiques (dorénavant quand il y en aura dans ma mairie j'irais !) et des réunions dans les municipalités concernées. Un travail avait été fait au près des collégiens de Mantes et de Rosny. Un gros document avait été rédigé suite à ces consultations. Et moi depuis 3 mois je suivais les débats sur un site dédié à cela qui lancait plusieurs pistes de réflexion sur ce que devrait être un eco-quartier. Mais pour m'être déplacée je recevrai 150 euros de dédommagement.

Les deux maires écoutaient attentivement les compte-rendus de chacun, la maire de Rosny prenait des notes. Le cabinet qui a organisé le séminaire leur remettra un dossier avec tout ce qui a été dit par les participants. Mais en discutant avec des habitants, surtout ceux de Rosny, je sentais une certaine inquiétude et même un désabusement. Ils ne sont pas certains que l'on tiendra compte de tout ce qui sera dit, comme s'il s'agissait de voeux pieux. Eux sont préoccupés par la voirie actuelle, il n'y a pas de budget pour réparer les routes ou faire des trottoirs alors quand on leur parle de développer 1500 logements... et par conséquent d'avoir 6000 habitants en plus sur leur territoire ils ont des doutes.

Mais ce samedi j'ai eu l'impression que l'expression démocratie participative avait un sens.

 

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15:16 Publié dans Insolite | Lien permanent | Commentaires (5)

Le metro me fait des films

Jeudi j'ai pris le metro pour faire la traversée de Paris.

A Balard, je me retrouve assise en face d'une très jeune fille. Elle portait des derbys en cuir naturel, des chaussettes en jacquard noir et blanc, un jean en toile rouge un peu délavé slim, dont le bas était roulotté au dessus des chevilles, un manteau caban noir. Elle avait les cheveux coupés court avec une sorte de grande mèche sur le dessus et blanchis platine, des lunettes en écaille, quelques piercings, une peau diaphane. On aurait dit la jeune fille de Millenium sauf qu'elle n'avait pas les cheveux noirs. Elle s'est endormie en écoutant sa musique.

Dans la ligne 3 direction Pont de Levallois montent à St Lazare quatre jeunes chinois, trois garçons et une fille, portant sur leurs dos ou à la main de volumineux étuis noirs contenant des instruments de la famille des cuivres. Ils écoutent de la musique sur leur smart phones en se passant mutuellement les écouteurs et commentent. Un des garçons pose son sac juste à côté de moi et je lui demande s'il s'agit bien d'un tuba, il me dit oui et reprend sa conversation en chinois avec ses amis. La fille a de longs cheveux, une mini jupe, des collants noirs épais, elle semble tout droit sortie d'une oeuvre de Wong Kar Wai. Les trois garçons ont des visages impénétrables comme dans les polars de Johnny To ou Alan Mak. Ce mélange de cuivres, de Chine de France et de casques MP3 dernier cri m'épate.

En descendant à Opéra, sur le quai, un homme noir avec une barbe, lunettes de professeur, pantalon en velours cotelé, pardessus, chapeau, avait installé toute une série de magazines français, anglo-saxons, récents et moins récents avec deux petits bouts de carton ondulé qui indiquaient sur son étal improvisé 1 € et 2 €. Il y avait le Vogue de février (4,90 € en kiosque), Time Magazine, The Economist, Jalouse, AD, etc etc.  Ravie je lui achète Polka, le magazine de photoreportage, à 2 € et je lui fais remarquer que d'habitude il est en vente à 5 €. Il me répond avec un accent anglais et beaucoup de distinction. Je suis impressionnée par son élégance.

Ce sont les moments où je regrette de ne pas avoir le courage, les Anglais ont une expression plus appropriée, ils disent "to have the nerve", de prendre des photos. Ce sont des trajets comme celui-ci qui me font aimer le métro parisien et presque oublier les jours où j'en sors avec des envies de meurtre parce que je me suis fait bousculer, parce que je vois des gens rester assis au lieu de proposer leur place à des femmes enceintes, ou parce que l'énième pauvre a traversé le wagon en faisant la manche.


Ici "Infernal Affairs" d'Alan Mak et Andy Lau, le film qui inspira Martin Scorsese pour "Les Infiltrés" - en anglais "The Departed"  - avec Leonardo Di Caprio et Matt Damon.

Andrew Lau Tony Leung.png

20/01/2012

La France est un village

Mardi soir j'ai eu la chance d'aller au vernissage de l'exposition des plans reliefs sous la verrière du Grand Palais.

Ces magnifiques plans peuvent se visiter au Musée des plans reliefs qui se trouve aux Invalides.

Donc quel ne fut mon étonnement de voir vers 19 heures une longue queue d'invités qui attendaient dans le froid d'entrer dans le Grand Palais pour voir ces oeuvres un peu particulières. En effet, je peux vous garantir qu'il n'y a pas foule d'ordinaire aux Invalides. Ces maquettes de villes ont surtout eu un but militaire, ce qui explique leur présence dans les collections du Musée de l'Armée. Quinze plans de très grande dimension sont en dépot au Musée des Beaux Arts de Lille, déplacement qui avait fait grand bruit à l'époque.

Aujourd'hui, une exposition est organisée à l'initiative de la nouvellement créée Maison de l'Histoire de France et des plans de très grande taille, qui sont d'ordinaire dans les réserves du musée, ont été exhumés pour l'occasion. Donc une foule nombreuse se pressait pour voir ça : ici, la ville de Besançon.

 planreliefg.jpgAvouez que c'est un peu particulier.

Les plans exposés sous la nef du Grand Palais sont absolument magnifiques par leur taille et leur précision. Le fait d'être exposés dans ce lieu les range au même niveau que la FIAC ou Monumenta, c'est leur rendre justice.

Quelques sponsors, assez évidents - IGN et Google, étaient là. Le visiteur était d'ailleurs accueilli par une immense reproduction d'une carte de France du XIXe siècle au 1:10000, donc d'une précision redoutable, qui vous donnait l'impression d'être Gulliver.

Le public invité était assez mélangé, la foule habituelle de ce genre d'évènement... Mais il y avait tout de même pas mal de généraux avec képi à feuilles de chêne, pas mal de vieilles dames et vieux monsieurs très dignes, pas mal de gens avec rosette de la légion d'honneur aux costumes bleus très stricts, pas mal de jeunes hommes en loden aux cheveux bien coupés, et aussi Inès de La Fressange (mais que faisait-elle là ?), qui est aussi belle que sur ses photos pour une marque cosmétique bien connue ou Pierre Rosenberg.

Comme je vous le disais, le public marche sur une immense carte de France et donc rapidement, tous se mettent à chercher leur village d'origine. J'ai pu assister à des scènes magnifiques, de vénérables et dignes messieurs à cheveux blancs et manteau en cachemire, à quatre pattes, montrant un lieu situé loin de la capitale. La nouvelle technologie aidant, chacun pouvait photographier avec son smart phone le dit lieu chargé de symboles.

A part ça, j'ai découvert que le 1er janvier 2012, l'IGN est devenu l'Institut National de l'Information géographique et forestière, résultant de la fusion de l'IGN et de l'IFN, l'inventaire forestier national. Ca a du se faire très discrètement, où alors l'information n'a pas été vraiment diffusée car ne relevant pas d'un intérêt énorme pour les médias, mais moi je sais que quand il y a fusion, il y a forcément restructuration et donc des gens qui disparaissent. C'est Maryvonne de St Pulgent qui est à la tête de ce nouvel organisme public (en tant que présidente) qui a été créé par decret en date du 27 octobre 2011. L'IGN va être installé dans le même bâtiment que METEO France je n'ai pas compris où mais sa photo est visible sur le site, où d'ailleur on peut lire des phrases du style :

"L'IGN et la directive INSPIRE

En sa qualité d’opérateur de l’État pour l’information géographique de référence, l’IGN, qui a activement participé à l’élaboration de cette directive, est aujourd’hui totalement impliqué dans sa mise en application."


C'est ce qu'on apelle du "langage" pour paraphraser Blain dans l'excellente bande-dessinée "Quai d'Orsay".


En tous les cas allez voir les plans reliefs. Habillez-vous chaudement car il fait froid sous la verrière du Grand Palais. Sinon, allez au Musée de l'Armée (j'attend avec effroi le jour où ils en changeront le nom car ce n'est pas assez glamour) pour les voir, au chaud, et en toute quiétude.

18 plans reliefs.JPG

 

http://www.geoportail.fr/index.do
http://www.ign.fr/

 

02:20 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)