UA-63377666-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/05/2016

Bus et hasards de la vie

Ce soir lasse d'avoir trop parlé et m'être débrouillé de pleins de problèmes pratiques chornophages, je choisi de rentrer en bus. Il est 19 heures, et j'éviterai ainsi de me retrouver dans le métro avec des collègues et en plus à l'heure de pointe.

Le 84 passe rue de Courcelles. A cette heure là, il est généralement vide. Il a un parcours plus que bourgeois car il remonte la rue de Courcelles jusqu'au Parc Monceau qu'il contourne, redescend l'avenue de Messine, à St Augustin il descend vers la Madeleine où généralement ça bouchonne. Passée la Madeleine, il file par la rue Royale vers la Concorde et l'Assemblée nationale pour ensuite remonter le bld St Germain. Sauf que ce soir, j'avais oublié, il y avait une manifestation contre la loi travail devant l'Assemblée nationale. Nous avons donc été détournés. Dommage car tout avait admirablement bien commencé, avec un bus vide et un parcours plus que tranquille du 17ème au 8ème arrondissements... Ca s'est corsé bld des Italiens ! Ensuite nous avons pris l'avenue de l'Opéra, nous avons un peu stationné Place du Palais Royal où nous avons pris une dame en imper impression léopard très chic. Et là ce fut un peu cahotique jusqu'au Louvre. Bref. C'est une fois sur les quais rive gauche, où jamais le 84 n'est censé rouler, qu'à un autre arrêt de bus je reconnais ma cousine Pamela, que je ne vois plus que très rarement attendant un improbable ou hypothétique 67 pour rentrer chez elle à la Butte aux Cailles ! C'est elle qui m'a initié aux bus. Avant de la fréquenter, je ne prenais jamais les bus parisiens qui m'inquiétaient car je n'en comprenais pas les parcours ni la logique de la numérotation !

Hasards de la vie. Sans la manifestation, jamais je ne serais passée par le quai de la megisserie et je n'aurais pas revu ma cousine avec laquelle je me suis brouillée pour un stupide malentendu il y a dix ans. Nous nous sommes revues depuis. Elle semblait à chaque fois ravie de me revoir. La dernière fois ce fut hélas aux obsèques de son père. Mais la vie nous a séparées. Les rapports qui étaient si forts à une époque se sont distendus. Certains traits de son caractère me paraissent aujourd'hui difficilement supportables. A un moment donné, les chemins se séparent. Mais ce soir, ils se sont recroisés. Je lui ai envoyé un texto pour lui dire que je l'avais vue à l'arrêt de bus. Que je l'avais trouvée très chic dans son imper imprimé léopard et ses chaussures argent. Je ne sais pas si elle me répondra mais dans le fond ça n'a pas d'importance. Je suis contente de l'avoir fait. J'ai prêté du sens à ce hasard qui me l'a fait voir alors que je ne m'y attendais pas. Je verrais ce que cela apportera par la suite.

Ce qui extraordinaire, est de penser que tout ça arrive dans le 84, un bus évoqué par Queneau dans Exercices de style, à l'époque il s'agissait de la ligne S.

84.gif

 

 

 

Cliquez sur le plan pour le voir en grand !

Voir les explications ici :

https://spacefiction.wordpress.com/2010/05/13/exercices-de-style/

 

 

08/05/2016

Sacs poubelle

Pour une fois j'ai voulu faire chic, acheter les sacs de la même marque de ma poubelle. Ils sont évidemment un peu plus chers que les autres mais au moins je suis sûre qu'ils sont pile de la bonne taille.

Je suis une spécialiste de l'achat de sac poubelle trop grand ou trop petit... Donc, je me suis dit que je le valais bien et que je pouvais m'éviter bien des énervements en payant un ou deux euros de plus. Qui plus est, je ne veux plus de sacs poubelle sans liens car neuf fois sur dix je casse le dit lien au moment où je dois le détacher pour le nouer autour du bord du sac, ou bien il n'est pas collé au fond du sac et je me retrouve sans rien pour fermer ma poubelle et en plus je me salis en la portant dans le bac. J'exige des anses !!!

Donc, quel ne fut mon désappointement quand j'ai constaté que les rubans des anses au moment où je les tire pour fermer le sac et faire un nœud, se cassent ! Je pense que ce paquet est défectueux car il me le fait à chaque fois. Comme ça m'est arrivé déjà trois fois, je fais très attention et je fais coulisser le ruban en plastique très doucement... et bien ça pète quand même ! Ca valait la peine d'acheter des Brabantia !

DSCF8329.JPG

Dessus il y a écrit "making room for bigger dreams."Avant j'ai cru à un concept zen, genre, tu jettes et tu fais de la place pour autre chose, des rêves plus grands car tu as plus d'espace chez toi. Au fait pas du tout. Il faut le mettre en relation avec le petit blabla écrit en petits caractères au dessus qui t'explique qu'ils font gaffe à l'environnement et au petit lapin qui est en bas et qui te dit merci... Vastes conneries.

01/05/2016

Pâte brisée

Je fais souvent des quiches.

Généralement j'achète pour faire simple un rouleau de pâte toute faite. 

Récemment j'ai relu la composition de ces pâtes. Je me suis dit que ce n'était plus possible de les acheter. Et faire une pâte brisée ce n'est pas si difficile que ça. Ce qui m'arrêtait était un détail pratique. Je n'ai pas à véritablement parler de plan de travail, et ma table, de salle à manger et de travail, est instable puisqu'il s'agit d'une table à panneaux rabattants Ikea montée par mes soins il y a 19 ans. Mais j'ai eu une illumination, mon chemin de Damas, j'ai réalisé que le plateau en verre de ma cuisinière ferait un parfait plan de travail, à la bonne hauteur, parfaitement éclairé et en plus facilement nettoyable. 

Donc je n'avais qu'à m'y mettre, ou plutôt à m'y remettre.

En effet, non seulement ma maman et ma bonne-maman m'ont montré déjà comment faire une pâte à tarte ou à quiche, mais en plus j'avais eu droit à des cours d'économie domestique par une dame française qui habitait Rome et qui - s'ennuyant de faire la femme d'expat dans un grand appartement romain - avait eu l'idée d'organiser des cours de cuisine et de couture pour les petites filles. On passait dont deux heures par semaine chez Mme Chenot (orthographe approximative) qui nous apprenait à coudre un bouton, faire un ourlet, faire une tarte au citron meringuée avec une pâte sablée.

Donc, si à 9 ans je savais faire une pâte sablée ou brisée, je peux le faire à 50 ans.

Je me rappelle si bien du grand appartement de la maman de Pascale qui était dans ma classe. Elle avait un perroquet vert qui au bout de 5 minutes, jaloux de voir qu'il n 'était plus au centre de l'attention, se mettait à crier très fort. Mme Chenot essayait de le calmer en lui intimant de se taire, le menaçant de l'enfermer dans la salle de bain, ce qui n'avait aucun effet. Donc elle prenait la cage et son perchoir et l'emmenait à l'autre bout de l'appartement l'enfermer dans la salle de bain.

Nous continuions notre activité au calme.

J'ai su, qu'une fois rentrée en France, et avoir retrouvé son appartement modeste de la banlieue parisienne Mme Chenot a craqué et a divorcé. Comment j'ai appris ça, je ne me souviens pas.

Cette pensée m'a longtemps hantée et j'ai cru pouvoir comprendre ce qu'elle a du ressentir car quand je suis moi-même arrivée en France après mon bac j'ai été mal. La vue de la banlieue que l'on traverse en train une demi heure avant d'arriver à la gare de Lyon me déprimait. Ces petites maisons aux toits marrons, ces villes qui se succèdent collées les unes aux autres sans un espace de campagne m'opprimaient. Au panneau Creteil, le ciel devenait immanquablement gris et je savais que rien n'allait plus. Il me semblait donc que je pouvais comprendre cette femme, qui avait vécu deux ans dans une ville merveilleuse, dans un grand appartement où elle pouvait fourguer son perroquet vert dans une salle de bain immense avec baignoire et fenêtre, et qui ensuite se retrouvait dans un 3 pièces qui était forcément sordide à La Hay les Roses ou Fontenay sous Bois...

Bref. Il reste que maintenant, quand je fais une pâte brisée, je pense à elle et je me demande ce qu'elle est devenue.

DSCF8328.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PS : Mettre les mains à la pâte est - au propre comme au figuré - tout à fait nécessaire par les temps qui courent.