UA-63377666-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/07/2016

Femmes photographes - Institut du Monde Arabe

Le titre de cette note est décalé, en effet, la grande exposition du moment est consacrée au jardin andalou.

L'IMA a installé sur la piazza un jardin moderne mais avec tous les éléments du jardin arabe. Le point culminant de cette création contemporaine étant une anamorphose que l'on peut comprendre en montant sur une passerelle qui fait le tour du jardin et en se juchant sur la pointe des pieds (pour moi qui ne fait qu'1'70 m) afin de voir les différentes plateaux de mosaïque de fleurs composer une étoile typiquement andalouse. Mais la magie opère aussi quand on regarde la chose avec son portable ou à travers un objectif d'appareil photo. Immédiatement les éléments s'assemblent - qu'on ne voit pas à l’œil nu - pour vous montrer ça :

DSCF8764.JPG

Plus loin, l'installation est plus convenue mais agréable, avec une petite cascade et surtout des centaines de grands pots en terre cuite contenant des rosiers dont la plus part sont parfumés. Hélas, nombreux avaient perdu leur étiquette et nous ne pouvions pas retrouver leurs noms.

La végétation était composée d’arbustes typiquement méditerranéens, myrte, lavande, menthe, arbres d'oliviers, orangers, jasmin.

DSCF8779.JPG

DSCF8758.JPGDSCF8766.JPG

J'espère qu'un de mes amis qui travaille à l'institut me dira quand tout ça va être démonté car je me demande ce que deviendront toutes ces plantes !

L'exposition est intéressante. Personnellement je l'ai trouvé trop dense, car le sujet est très vaste et l'iconographie importante dès que l'on s'attaque au jardin moghol par exemple, ce qui fait, que si on a envie d'apprécier le jardin qui se visite à la fin, une fois être passé par la boutique, on est littéralement épuisé.

Dans l'exposition j'ai été frappée par quelques œuvres contemporaines, notamment des photos.

grandma.jpg

Grandma - 31 janvier 2012 Soody Sharifi

picnic.jpg

Picnic - 31 janvier 2012 Soody Sharifi

Ces deux photos sont très grandes, surtout la dernière. Sur les étiquettes uniquement le nom de l'artiste sans aucune notice biographique. Je les ai donc griffonnés sur un papier pour chercher des informations sur elles plus tard.

En face il y avait cette autre image, d'un style complètement différent :

2008 reflecting-smal_jpg.jpg

Reflecting - 2008 Lateefa Bint Maktoum

Hélas, la reproduction ne donne qu'une faible idée de la transparence des couleurs et de leur harmonie ainsi que de la netteté des détails (notamment les fleurs et les herbes).

Le commissaire avait accroché "Grandma" et "Reflecting" l'une à côté de l'autre. Sur le mur opposé il y avait "Picnic".

Soody Sharifi est d'origine iranienne mais vis aux Etats-Unis. Elle est arrivée aux Etats-Unis à l'âge de 17 ans vers le milieu des années 70. La révolution islamique en 1979 a fait qu'elle est restée la-bas. Au départ elle a suivi un cursus scientifique, elle est sortie de l'Université de Houston avec un BS en Industrial Engineering en 1982. C'est bien plus tard qu'elle reprend des études d'art et obtient en 2002 son Master of Fine Arts in Studio Photography toujours dans la même université. Elle s'interroge sur la place de la femme dans la société iranienne bien sûr, et dans l'espace tout court. Ses photos sont très intéressantes. C'est une réflexion sur l'extérieur et l'intérieur, tout comme sa consœur émiratie.

Elle a également fait une série tout à fait étonnante en partant des miniatures mongoles, en les éclatant et les découpant pour les recomposer et en y incluant des photos de personnages. Allez y jeter un coup d’œil :

boys night out.jpg

Boys night out - 31 janvier 2015

http://soody-sharifi.com/

Lateefa Bint Maktoum est une princesse appartenant à la famille régnante des Émirats Arabes Unis. Elle est très jeune, 31 ans. Rien à voir avec Soody Sharifi.

Nous avons ici deux mondes, Iran, Émirats, une religion en commun l'Islam, mais deux femmes qui sont artistes et ont une vision artistique très forte.

Princesse Lateefa a étudié dans une école britannique. Elle explique dans une interview pour un site dubaïote, que c'est sa professeur d'art plastique qui à la fin du collège, au moment crucial où on doit choisir pour le reste de sa vie d'étudiant son option majeure, qui étonnée qu'elle n'ait pas choisi de poursuivre des études d'art lui a fait changer d'avis.

"L’art n’était pas considéré comme une option sérieuse pour une future orientation professionnelle. Quand j’étais au lycée j’étais dans un système scolaire britannique qui vous enseignait l’art aussi sérieusement que les maths ou les sciences, mais il fallait choisir certaines options très tôt dans notre scolarité, à la fin de la 3ème (9th grade). Ils nous mettaient dans la tête que ce choix aurait déterminé le reste de notre vie ! Maintenant, je me rends compte que ce n’est pas vrai, mais ce fut un moment crucial pour moi.

Comme premier choix je n’ai donc pas coché art. Ma prof d’art plastique ramassant mon formulaire s’est exclamée « Mais que fais-tu ? Tu ne choisis pas art ? » Je ne savais pas quoi lui dire car j’adorais ça mais après la 3ème, quand on choisit ses options, ça devient vraiment sérieux, on commence à étudier l’histoire de l’art, à créer véritablement une œuvre. Or elle avait vu du potentiel en moi, j’ai donc coché la case art et depuis je lui suis reconnaissante d’avoir su discerner mon potentiel. Elle m’a donné l’élan. Elle m’a dit « Tu peux le faire »."

Lateefa a beau être la fille d'un ancien roi et la nièce du roi actuel, elle n'en était pas moins hésitante sur sa capacité à être artiste. Elle raconte qu'elle se demandait si poursuivre ses études en arts plastiques à l'université, ne pas aller plutôt vers une option de décoration ou architecture d'intérieur. Mais son père l'a soutenue étant persuadé qu'elle prendrait toujours la bonne décision. Sa mère était un peu plus inquiète mais l'a toujours suivie.

Après ses études, elle s'est vite rendu compte qu'il n'existait pas d'endroit où les étudiants en arts plastiques puissent se rencontrer et travailler ensemble. Le net était la seule plateforme où exposer son travail et correspondre. Parfois dans une exposition, elle pouvait croiser des artistes sans savoir que c'étaient ceux dont elle avait commenté l’œuvre sur internet ou qui avaient posté des commentaires élogieux sur son travail. Donc elle a décidé de créer un espace où tous - hommes et femmes - peuvent se rencontrer, échanger et apprendre, un espace mixte donc, ce qui est inhabituel dans la société arabe dans la quelle elle a été éduquée. Ce lieu s'appelle Tashkeel.

Sa vision de la place de l'art dans une société où les hommes et les femmes sont séparés (en anglais le terme employé est plus fort: "segregated") est très intéressante. Elle se rend parfaitement compte des problèmes tout en procédant d'une façon respectueuse des usages. Elle a constaté que beaucoup de jeunes femmes cessent toute activité artistique une fois terminées leurs études. Certaines ont des maris qui les encouragent. D'autres arrivent mieux à s'organiser et peuvent mener vie de famille et profession d'artiste. La plus part arrêtent ce qui est dommage. Elle explique aussi que les femmes sont plus nombreuses que les hommes à pratiquer des activités artistiques, mais cela change. Au début les ateliers ouverts par sa structure accueillaient surtout des femmes, et puis les hommes ont commencé à venir.

Elle réfléchit elle aussi sur l'interaction entre le dehors et le dedans, car c'est une société où les gens ne dévoilent pas leur intimité et ne se mélangent pas. Elle explique qu'elle vit chez sa mère jusqu'au jour où elle se mariera et où elle ira vivre chez son mari ! Elle pense bien avoir des enfants mais cela ne l'empêchera pas de continuer à photographier, dessiner et peindre.

Évidemment, elle a des moyens immenses, mais elle sait les utiliser avec intelligence, elle s'interroge avec honnêteté sur son identité et va au bout des choses, comme l'atteste son œuvre et l'organisme qu'elle a créé, Tashkeel :

http://tashkeel.org/

http://www.lateefabintmaktoum.com/index.html

2011-observers of change 3.jpg

 

 

 

 

 

14:01 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1)

09/05/2016

Le rideau de Parade - Pablo Picasso

Exceptionnellement, le Centre Pompidou a prêté au Théâtre du Châtelet le rideau de scène que Pablo Picasso avait peint pour le ballet "Parade" mis en musique par Erik Satie.

J'avais eu l'occasion de le voir au centre Pompidou de Metz :

Metz 099.jpg

Parade a été joué sur la scène du Châtelet le 18 mai 1917. L'argument avait été écrit par Cocteau, la corégraphie par Léonide Massine, Diaghilev demande à Picasso de dessiner les décors et le rideau de scène. Nous sommes en pleine guerre. Cocteau en restera traumatisé (il faut voir les dessins qu'il a fait de sa période dans les tranchées qui sont exposés dans sa maison à Milly la forêt), la musique et le ballet sont si modernes que la représentation fait un scandale. Le petit texte distribué à l'entrée de la salle cite Poulenc (Moi et mes amis, 1963) :

"La musique de Satie, si simple, si crue, si naïvement savante, comme un tableau du Douanier Rousseau, fit scandale par sa désinvolture. Pour la première fois [...] le music hall envahissait l'Art - avec un grand A. En effet, on dansait un one step dans Parade. A ce moment-là, la salle se déchaîna en huées et en applaudissement. Tout Montparnasse au poulailler hurlait : "Vive Picasso !" Auric, Roland-Manuel, Tailleferre, Duret et beaucoup d'autres musiciens hurlaient "Vive Satie!" Ce fut un beau scandale."

Il faut voir ce rideau de scène dans un théâtre du Châtelet vide, et dont la scène a été libérée de la fosse d'orchestre et des fauteuils. On entre par un couloir sombre éclairé par une guirlande d'ampoules de guingette qui font une lumière tamisée et au bout de quelques mètres nous voilà sur la scène, happés par le tableau qui de prime abord déçoit car il est bizarrement éclairé d'une lumière blanchâtre. Mais passée cette impression, on jouit d'être face à cette peinture, si grande, si simple.

Dans le groupe de masques attablés, le Pierrot  caresse sa Colombine d'un geste tendre. L'Arlequin de dos serait Picasso et la danseuse blonde Olga Khokhlova qu'il épousera en 1918 et qui lui servit maintes fois de modèles.

Arlequin.JPG

groupe.JPG

ange.JPG

Deux petites filles grisées par le plateau qui s'offrait à elles ont esquissé une petite danse en traversant l'espace de part en part et ensuite se sont prises par les mains pour improviser une sorte de ronde. C'était magique.

danse 1.JPGdanse 3.JPG

DSCF8332.JPG

DSCF8333.JPG

Attention, ça se termine le 17 mai. Il faut y aller pour jouir de la scène pour soi. Admirer le théâtre comme on a rarement l'occasion de le voir, en pleine journée, sans spectateurs.

Au foyer, le film de Parade, représenté en 2007 est diffusé. Le bar et la terrasse sont ouverts. Montez-y et jouissez de cette belle vue sur Paris :

DSCF8367.JPG

 

10:00 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1)

01/04/2016

Les tableaux mystérieux

Il est des tableaux dont j'achète les cartes postales mais que je n'ai jamais eu la chance de voir en vrai. 

Par exemple ce merveilleux paysage de Delacroix :

La nuit delacroix.jpg

La nuit, ou l'inondation- 1824

 

J'ai acheté la carte postale déjà trois fois, deux fois à la carterie du Louvre, une fois dans la boutique du Musée - Atelier Delacroix Place Furstenberg la semaine dernière. Il s'agit d'un pastel de 21x36 cm. Il fut donné au Louvre en 1911, à la mort d'Isaac de Camondo (un cousin de Nissim de Camondo dont l'hôtel particulier est devenu une annexe du Musée des arts décoratifs du Louvre). 

 

Cette oeuvre se trouve au Musée d'Orsay. Un pastel de 65 x 50 cm, il a été plusieurs fois exposé et le plus récemment en 2014 au Musée d'Orsay, dans le cadre de l'exposition "Le mystère et l'éclat", que j'ai loupée... La carte est plus foncée. J'adore les tons de bleu et vert, si foncés et ce cadrage.

Nocturne au Parc Royal de Bruxelles, 1897 - William Degouve de Nuncques (1867-1935) 

Nocturne.gif

 

J'ai trouve cette carte postale avec le portrait de Geneviève de Gonet à 3 ans par Odilon Redon (1840-1916) , un pastel merveilleux datant de 1907 à la boutique du Palais de Tokyo.  Le regard bleu laissé dans le vague de la fillette est très vrai, et j'aime infiniment le fond, avec ses couleurs claires.

odilon-redon-portrait-of-genevieve-de-gonet-as-a-child-1907.jpg

Ces trois œuvres sont peintes au pastel, une technique que j'aime beaucoup. C'est pour cette raison qu'il m'arrive d'aller au Louvre uniquement pour revoir quelques Quentin de La Tour et autres, qui sont accrochés dans le Couloir des Poules : 

http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=sal_frame&idSalle=480&langue=fr

 

 

10:00 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1)