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02/04/2015

Provins - Musée et découverte de Jeanne Chauvin

Visite de Provins le week-end dernier. Découverte de la ville médiévale qui me fait penser par sa taille et ses maisons anciennes à Compiègne ou Senlis.

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Calme des ruelles bordées de hauts murs derrière lesquels on devine des jardins. Magnifiques remparts bien restaurés. Bâtiments historiques ouverts au public avec l'obligation de se munir d'un audioguide pour la Grange aux dîmes qui - avec ses mannequins grimés - me rappelle la Conciergerie ! 

Vu que la ville est petite et que j'ai raté la visite des souterrains, je vais au moins voir le Musée. Né de la volonté d'un érudit qui a fondé la société d'histoire et d'archéologie de la ville, il a été installé dans une magnifique maison romane, devenue par la suite hôtel particulier puis école et sauvée ainsi de la ruine dans les années Soixante. On y trouve un peu de tout, des vestiges archéologiques, une collection de serrures, quelques tableaux, dont certains, achetés récemment sont tout à fait étonnants :

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Il est de plus en plus rare de tomber sur ce genre de musée, désuet, dont le parcours échappe à toute norme muséographique actuelle, qui n'est pas adapté aux publics à mobilité réduite ou non voyant, et dans lequel le marketing n'a aucune place ! Je les aime particulièrement.

J'ai été impressionnée par la chasuble de St Edme (au fait Edmond Rich, archevêque de Cantorbury, mort à Soisy en 1240) un vêtement en soie damassée du XIIIe siècle dans un merveilleux état de conservation. 

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(Pour en savoir plus sur St Edme: http://nominis.cef.fr/contenus/saint/150/Saint-Edmond.html)

Il y avait aussi cette magnifique tête de femme provenant d'un retable :

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Une salle au rez-de-chaussée présentait les personnalités de Provins, et je découvre ainsi Jeanne Chauvin, une des premières femmes docteurs en droit, née en 1862 et morte en 1926. 

Le destin de cette femme est tout à fait unique.

J'admire sa mère qui après le décès de son mari a tout fait pour que ses deux enfants fassent des études. Or il est rare à cette époque qu'une jeune fille fasse des études supérieures. C'est ce détail qui m'a frappé.

Fille d'un notaire de Provins, Jeanne se retrouvera orpheline à 16 ans. Elle entreprend des études de droit ce qui est d'autant plus paradoxal, que la femme à l'époque n'a pas de droits. Quelques sites spécialisés évoquent le parcours de cette avocate hors norme qui a surtout enseigné dans des écoles de jeunes filles et a été une féministe ante litteram.

Moi j'aurai aimé en savoir un peu plus sur la vie personnelle de cette femme. Notamment un éclairage sur la relation que je devine étroite avec son frère. Emile Chauvin est né huit ans après sa sœur, en 1870. Il devient avocat en 1893. Il sera à ses côtés au moment de sa soutenance de thèse en 1892 (elle a 30 ans), soutenance qui a été interrompue par une meute d'étudiants qui ont fait irruption dans la salle et chanté la Marseillaise ! Ça ne l'a pas empêchée de reprendre à une autre date et d'être faite docteur en droit  avec une "Etude historique sur les professions accessibles aux femmes, l'influence du sémitisme sur l'évolution de la position économique de la femme dans la société". Quand Jeanne fera les démarches pour s'inscrire au barreau en 1897, il l'aidera activement. Elle obtiendra gain de cause au bout de trois ans de lutte et prêtera serment le 19 décembre 1900 ! Cependant elle plaidera peu préférant se consacrer à l'enseignement du droit dans les Lycées de jeunes filles pour les inciter à choisir des carrières juridiques.

Rien dans les quelques notices que j'ai pu lire me révèle des détails sur sa vie personnelle. A-t-elle pu se marier ? A-t-elle eu des enfants ? Son frère a-t-il fondé une famille ? A-t-elle été une tante formidable pour des neveux et nièces que l'on imagine poussés à être libres et sans préjugés ? Je ne peux qu'imaginer ce qu'a pu être sa vie de professeur certainement adorée de ses élèves. Elle meurt à 64 ans à Provins, et son frère la suivra quatre ans plus tard. Pas de nouvelles de leur maman qui j'espère n'aura pas survécu à ses enfants.

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18:49 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1)

07/03/2015

Autricourt - Pays Châtillonnais

Dans les villages il y a beaucoup de vieilles maisons plus ou moins en ruine. Ici l'ancien relais de poste comme nous l'expliquait une dame qui habite elle une coquette ferme toute bien re-aménagée par son mari un peu plus loin dans la rue.

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J'aime beaucoup aussi la Mairie école, parfaitement symétrique qui se trouve juste à côté :

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J'ai aussi trouvé très intéressant ce bâtiment qui clôt la cour d'une maison qui a été refaite dans les années 60 ou 70, avec des volets déroulants et un crépis beige saumon. L'église est enserrée par des bâtiments qui tournent autour d'elle, c'est assez surprenant.

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DSCF6373.JPGUn peu plus loin cette magnifique ferme, ancien prieuré, avec ses contreforts (photos prises cette fois-ci au mois de novembre dernier). Les propriétaires ne sont pas très souvent là mais l'obligeante voisine y jette un coup d'oeil et ouvre régulièrement les fenêtres pour aérer.

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Je suis très touchée par ces vieux murs. Cette arche en plein cintre est très belle.

Mais comment vivre dans ces villages alors qu'il n'y a pas beaucoup de travail dans la ville voisine faisait justement remarquer la petite dame qui nous a si obligeamment raconté les histoires des maisons d'Autricourt. Comment préserver ces maisons alors que plus personne ne peut y habiter. Une question que se pose une association que j'ai découvert justement depuis que je me promène dans la région, Maisons Paysannes de France. J'ai adhéré, il ne me reste plus qu'à faire connaissance avec ses membres.

http://www.maisons-paysannes.org/

 

 

24/02/2015

Indigo

Encore une expo où il faut se battre contre une armada de vieilles dames... Il faut dire que l'endroit est exigu...

Déjà dans l'entrée, des parapluies de berger en toile bleue, plus ou moins délavée, sont exposés ouverts, dans la cage de l'escalier qui mène aux espaces réservés. La conservatrice n'est absolument pas superstitieuse.

Ensuite on passe par une première pièce avec des bleus de travail et des tenues de paysannes...

On continue avec l'Asie (Japon) :

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Avec cet art extraordinaire de la récupération, le coton ne poussant pas au Japon, tout tissu était précieux et donc rapiécé ...

Ensuite, une pièce pour l'Afrique :

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L'Amérique centrale aussi est représentée, et le Yemen, et le Kurdistan et l'Inde et le Népal etc ...

Absolument magnifique, et touchant, car certains vêtements disparaissent et ne sont plus portés de nos jours.

A voir, donc, absolument, à la Bibliothèque Forney. Jusqu'au 11 avril 

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http://quefaire.paris.fr/fiche/102475_indigo

PS : La commissaire de l'expo a publié un livre aux editions de La Martinière, qui s'intitule "Indigo".

http://www.editionsdelamartiniere.fr/ouvrage/indigo/9782732444826

18:07 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (2)