UA-63377666-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/03/2013

Tradition et modernité

Ce matin, première messe du pape nouvellement élu, François I. La messe a duré deux heures, place St Pierre. Il faisait très beau. Tous les VIPs arrivent en lunettes de soleil. La place St Pierre prend un petit côté Dolce Vita, limite vacances. Finalement un air de printemps flotte place St Pierre, après une semaine de pluie continue... C'est une occasion pour se voir dans un contexte différent. Tiens, voici Angela Merkel en pleine discussion avec le prince Felipe.

Maintenant, depuis une heure, j'assiste via le fil reuters live au défilé des chefs d'états du monde entier qui viennent saluer le pape.

La queue a été organisée en ordre protocolaire - je suppose - selon un cérémonial qui doit dater de mille ans. Finalement, c'est un peu ce qui devait se passer à la cour d'un roi avant que nous ne soyons dans les années 2000. Le Pape est vaillant. Il tient debout - moi j'aurai déjà une bonne envie de m'asseoir - et là un homme asiatique ne lui lâche pas la main alors qu'il lui dit ce qui semble être une longue harangue. Quelle patience. Il reçoit ainsi tout le monde. Depuis le roi des Belges, en passant par la chancelière Angela Merkel - qui lui présente son mari - et le président du parlement européen. Pendant ce temps, dans la queue on patiente comme on peut. On twitte, on envoie des sms, on se prend en photo avec son Ipad, on filme la scène avec son Iphone.

C'est ça la modernité.

Tout peut se suivre grâce à l'application PopApp (autenthique) et sur le compte twitter du pape...

http://www.news.va/thepopeapp/index.html

 

PS : ce qui est extraordinaire, c'est que malgré une longue attente, les personnalités de toutes sortes et de toutes nationalités qui sont drivées vers le pape par un secrétaire en soutane et écharpe violette très stressé (car certains dépassent le temps imparti et la queue ne semble pas diminuer) sont ravies. Les sourires sont larges et on profite avec aplomb des quelques minutes qui vous sont accordées. Je vois défiler sous mes yeux les tenues les plus variées, voiles en dentelles, chapeaux plus ou moins ridicules (ambassadeur avec bicorne et plumes d'autruche calé sous le bras), tenues traditionnelles et surtout, des poignées de mains chaleureuses, ou des baise-mains respectueux avec ou sans génuflexion. Les heures d'attente sont oubliées !

15/03/2013

Administration

Notre société change de mutuelle. La RH nous envoie à tous par mail un formulaire à remplir et à imprimer "en couleur et recto verso".

A priori cela semble simple. Or, il faut savoir que nous avons deux systèmes informatiques parallèles qui ne communiquent pas forcément entre eux. Tout ce qui relève du travail sur l'info - fil afp, conducteurs, banque d'images - se trouve sur PC. Tout le reste - base de donnée sur les programmes, intranet, mail - se trouve sur Mac.

Sur mon poste de travail je n'ai qu'un PC.

Les PC sont reliés à certaines imprimantes, les Macs à d'autres. Si je veux une impression couleur, je dois donc aller ouvrir mon mail sur un Mac.

C'est ce que je fais. Je vais me chercher un Mac en libre service et je commence à remplir mon papier. Numéro de sécu, adresse, date d'entrée dans l'entreprise. Je commence un peu à piger le truc avec les tabulations, je dois m'y reprendre quand même trois fois. Je suis donc un peu énervée quand je suis arrivée au bout du machin. Je me prépare à l'envoyer sur l'imprimante couleur 1. Tiens, elle ne se trouve pas dans la liste des imprimantes dispo sur mon poste. Il y a toutes les imprimantes du 2ème jusqu'au 8ème étage, mais pas celle de mon étage... De guerre lasse, j'imprime au 8ème, car au moins je sais où se trouve exactement cette imprimante et je me dis que je n'aurais qu'un étage pour déposer le papier à la RH. En le récupérant, je relis les pièces qu'il faut joindre. Il me manque l'attestation carte vitale.

Je redescend à mon étage et me connecte sur le site de l'Assurance maladie. Je me dis que ça doit être bête comme chou d'obtenir une attestation. Et bien non, il faut d'abord créér un compte ! Et il faut au moins 15 jours pour qu'un identifiant et un mot de passe vous soient envoyés ! Là je crise. J'abandonne le coup. Je sors m'acheter un balisto à la machine au rez-de-chaussée. Je remonte, je me calme et me dis que je devrais pouvoir obtenir une attestation dans un centre de sécurité sociale. Je re-ouvre internet et me reconnecte au site AMELI.FR. Je cherche mes centres de sécu. Il y en a un à deux pas du bureau. Je me dis que j'irai le lendemain la-bas, en dehors des heures d'affluence (voir fichier joint) pour avoir mon attestation. Temps utilisé dans toute cette procédure : 40 minutes. Je me rend compte que la patience n'est pas ma qualité première...

Ce midi, avant ma prise de service, j'étais tellement à la bourre que j'ai oublié d'aller 59 rue de Tocqueville. Je tâcherai de ne pas oublier demain.

Je vous raconterai un autre jour le temps que j'ai mis à acheter un billet Toulouse-Paris pour le 30 avril, sur le site d'Air France cet après-midi.

Ce fut la journée où je me suis sentie très vieille, ou d'une autre génération, celle qui avait besoin de parler à quelqu'un assis derrière un guichet et qui détenait le savoir.

http://www.ameli.fr/fileadmin/user_upload/documents/tableauaffluenceagence.pdf

28/12/2012

Enfants de la guerre, grandes espérances...

Aujourd'hui pas beaucoup de sujets en provenance des deux sources auxquelles nous sommes abonnés, EVN et Reuters, c'est Noël. Donc, pour une fois, j'ai vraiment le temps de regarder ce qui arrive. Et cet après-midi, vers 17 heures, un reportage fait par l'ONG "Save the children" dont le boulot est - entre autres choses - de permettre à des enfants déplacés par la guerre de retrouver leur famille, tombe (entre le coup de gueule du ministre de l'économie finlandais, furieux que ce soient les chantiers de St Nazaire qui aient remporté le contrat de Royal Caribbean et une injection sur la pension alimentaire que touchera Veronica Lario, l'ex femme de Silvio Berlusconi, 30 millions d'euros par mois). Je prend donc le temps de bien lire les traductions des sonores de cette famille originaire du Nord Kivu qui vient de se retrouver dans un camp de réfugiés à Goma.

Quatre garçons, l'aîné 17 ans, Anicet 10 ans, Baraka 7 ans et le petit dernier dont j'ai hélas oublié le prénom 4 ans. Leurs parents les recherchent depuis le début de l'année et grâce à Save the Children ils sont finalement réunis. Je lis les témoignages, de la maman, Joséphine, et d'un des enfants, Anicet. Ils mentionnent le fait qu'ils n'ont presque rien à manger quasiment à chaque phrase. "J'étais si heureux que le fait que je n'ai pas mangé n'avait plus d'importance" dit Anicet. "J'étais si heureuse que de n'avoir mangé que de la bouillie le matin je l'avais oublié" dit la maman. On nous montre ce camp. Au fait une espèce de bidonville. Des cabanes de paille qui tiennent ensemble avec de la boue. Des bâches en plastique en guise de toit. Des haillons et des bouts de tissus en guise de porte. On voit Joséphine en train de faire bouillir je ne sais quoi dans une marmite devant sa cabane. Le dénuement est total. Bien qu'on ait mentionné un père, il n'apparait pas dans le reportage.

Témoignage de Kate, volontaire de Save the Chilfren, jeune anglaise blonde et ravissante, à l'accent si chic, qui explique que souvent les enfants se trouvent séparés brutalement des parents en cas de conflit. Témoignage en français de l'africain d'une cinquantaine d'année employé par Save the Children qui nous explique que la re-unification de cette famille s'est faite sans problèmes. Cela veut-il dire que parfois il y a des problèmes ? Que des enfants ne soient pas repris par leurs parents par exemple ? 

Ensuite on nous montre la vie du camp. Un jour de marché. Etals dérisoires, queues interminables pour remplir des jerrycans d'eau. Enfants de 5 ans avec harnais sur le front pour ramener de l'eau. Enfants de 5 à 11 ans faisant les guignols (heureusement) parce que la caméra est là et qu'on entend chanter.

Bref. Je repense à la faim qui tenaille Joséphine qui vient de retrouver ses quatre garçons. Je revois le geste affectueux avec lequel l'aîné berce sa petite soeur née dans ce campement de Goma. Je suis déprimée pour le reste de la journée.

J'oubliais. Le matin j'avais eu droit à un reportage de la télévision belge en langue flamande sur les enfants syriens du camp de réfugiés de Zaatari en Jordanie. La journaliste avait suivi un jeune garçon de 8 ans qui va vendre du thé dans le camp. On le voit faire bouillir l'eau sur un butagaz, jeter un poignée de thé d'un paquet à l'emballage rouge dans sa bouilloire et ensuite verser l'infusion dans un énorme thermos (comme on peut en voir dans les restaurants chinois ou japonais, on appuie sur le bouchon et ça verse le thé). Il circule en proposant son thé d'une voie forte et gaie. La journaliste nous montre aussi des petits garçons qui regardent la télévision afin de savoir ce qui se passe chez eux (les images que moi je reçois par le fil Reuters ou EVN, de bombardements et destruction). Un de ces petits garçons, très digne, ne peut s'empêcher de verser quelques larmes quand il repond à la journaliste. Encore plus dur pour moi, tous les sonores des enfants ont été effacés, certainement pour faire place à la voix qui devait dire la traduction. Donc je n'entends que le commentaire en flamand de cette journaliste belge, et un grand silence derrière, et je vois des larmes rapidement essuyée d'un petit poing rageur.

Quoi dire ? Rien.

Je pense au roman de Charles Dickens "Great expectations", Grandes espérances en français. J'ai l'impression d'en avoir vu pas mal aujourd'hui, des petis Pip, congolais ou syriens. Et Great expectations se termine bien. J'espère qu'Anicet et Baraka (au nom prédestiné) auront eux aussi des fins heureuses.

1.jpg