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02/05/2011

Le blues du dimanche soir

 

Depuis quelques temps je suis affectée par cette maladie que j'avais un peu oubliée, cette mélancolie qui vous étreint au moment d'aller se coucher une veille de lundi.

Après m'être endormie vers 3 heures du matin, finalement débarassée des motifs de déprime, je suis réveillée par mon réveil lumineux. Je garde les yeux fermés cependant. Mais le téléphone sonne. Oussama Ben Laden est mort me dit mon collègue, et si je peux arriver à 7 heures.

Je suis bien réveillée.

Je me lave vaguement, j'appelle un taxi, je m'habille vaguement. Je suis dans la rue à 6h35, j'arrive en régie de production en plein boom à 6h52. Je libère mon camarade qui a travaillé la nuit et nous sommes partis pour une heure de spéciale.

J'apprendrai plus tard que notre expert du monde arabe lui aussi s'était couché très tard après avoir fêté la réussite de son fils à son concours d'entrée des Beaux-Arts. 

Moi au moins, je n'avais bu ni vin, ni digestif.

La journée va se dérouler normalement après un flash à 9 heures, un autre à 10 heures, ensuite le JT de 11 heures. C'est pour mes camarades du - 1 que ça se corse. Ils vont enchaîner avec l'enregistrement de notre émission hebdomadaire de football juste après notre JT de 11 heures et ensuite un invité très politique (la ministre suisse de l'énergie) à 13 heures (qui bien sûr est arrivée à 13h30). Ensuite la vie redevient normale (j'espère) avec notre habituel JT à 14 heures. Je ne veux pas savoir ce qui se passera cet après-midi.

Par contre, en ce qui concerne les conséquences mondiales de cet événement, je n'ose même les imaginer. Les télévisions américaines nous montrent en boucle des images de leurs concitoyens mainfestant leur joie. Sur les pages facebook on peut lire des messages du style "on a fini par t'avoir salaud". Je sais qu'ils ont été traumatisés par les attentats du 11 septembre 2001, mais j'ai du mal à comprendre. Est-ce de cette façon que la haine s'enracine ? 

La journée va être longue.

keep-calm-and-carry-on.png Ci-contre, affiche de propagande britannique de la 2me Guerre Mondiale, conçue en 1939 pour une éventuelle invasion allemande qui n'a jamais eu lieu et qui n'a donc jamais servi. Aujourd'hui déclinée sur divers supports à cause de son graphisme (mugs, affiches, tapis de souris etc.).

29/03/2011

La plainte

Pour me soustraire aux conversations qui ne me concernent pas (la plaie principale de l'open space à mon avis), surtout quand il s'agit de l'éternelle plainte de la ou du journaliste qui sent sa créativité bridée par le système de chouchoutage non écrit de la rédaction, j'ai mis mon casque de MP3 dans les oreilles et me suis connectée sur France Musique. A 9 heures ils diffusent des concerts. Ce matin j'ai de la chance.

J'ai eu droit au concerto n°4 de Rachmaninov, Nikolai Luganski au clavier, le Rundfunk-Sinfonieorchester de Berlin dirgé par Marek Janowski. L'oeuvre de Rachmaniinov est triste et belle.. Lugansky est actuellement un de ses meilleurs interprètres.

Et maintenant c'est Beethoven, la Symphonie n°3 dite "Eroica". Je ne sais pas qui est le musicien metteur en onde, mais l'acoustique de Pleyel est magnifique et je sens dans mon oreille droite les graves de violoncelles et des contrebasses parfaitement définies, quasi onctueuses.

Mais il va falloir que je m'y remette, au conducteur du 11 heures... Et pendant ce temps les dépêches tombent en réaction à la lutte qui oppose Copé à Fillon sur la laïcité.

http://sites.radiofrance.fr/francemusique/accueil/

http://www.deezer.com/fr/music/nikolai-lugansky/rachmaninov-piano-concertos-nos-2-4-85931#music/nikolai-lugansky-sakari-oramo-city-of-birmingham-symphony-orchestra/rachmaninov-piano-concertos-nos-2-4-85931

Lugansky.jpg

Nikolai Lugansky - Chez Hanlet, pour choisir un piano Steinway - Photo Xavier Lambours.

16/03/2011

Anne Lauvergeon, maman et PDG

Cet après-midi vers 17h, LCP Public Senat retransmettait en direct les débats de la commission spéciale sur le nucléaire réunie cet après-midi pour parler de la catastrophe de Fukushima.

Tout d'abord les débats ont été émaillés par la réaction de Gremetz :

"En plein débat à l’Assemblée nationale, en présence des ministres Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson, le député rattaché au groupe communiste fait irruption dans la salle, interrompant un député PCF. « Il n’y a plus de places pour se garer ! » lance-t-il. Il demande aux membres du gouvernement de déplacer leur voiture. Claude Birraux, président UMP de la commission, tente de ramener l’ordre : « Ce n’est pas le sujet », « ça suffit ». Le député sort enfin de la salle."  Voyez la video.

http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/d-bat-nucl-aire-gremetz-fait-un-scandale-des-voitures-mal-gar-es-85899

"Maxime Gremetz ne lâche pas le morceau. Il prend même la place de Bernard Bigot, administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique. Rires dans la salle.

L’autre président de la commission, le député UMP Serge Grouard, s’énerve sérieusement : « M. Gremetz, vous pourriez avoir un minimum de décence. On pourrait penser aux techniciens, aux ingénieurs japonais qui risquent leur vie actuellement. Alors ne nous cassez pas les pieds avec deux voitures qui sont mal garées ! ». Un député PCF prend ses distances : « Et je me permets de rappeler que M. Gremetz n’est plus membre du Parti communiste. Il fait la honte du groupe GDR. Et je condamne complètement son attitude ».

Député et sénateurs n’en croient pas leurs yeux. Les huissiers tentent de le raisonner. « Vous êtes indécent. Je vous prie de bien vouloir ramener M. Gremetz à sa place », demande Serge Grouard. Claude Birraux suspend la séance. Cinq minutes plus tard, Maxime Gremetz quitte la salle. A la reprise, le président de commission fait part de « la honte et de l’indignation qui étreint l’ensemble des parlementaires, devant un sujet aussi grave, d’avoir été perturbés de cette manière »."

Mais au moment où Anne Lauvergeon, PDG d'Areva est interrogée sur le risque nucléaire, les débats sont troublés par une sonnerie de portable. Moi-même je me demande si ça se passe dans le poste ou à côté de moi ! Sonnerie complètement idiote qui vous fout bien la honte: une petite voie d'enfant qui chantonne. Anne Lauvergeon s'interrompt, fouille dans son sac et sort un Blackberry. C'est sa fille. Elle s'excuse d'avoir oublié d'éteindre son portable et explique que c'est sa fille qui l'appelle. Et après elle enchaîne en parlant du fait que pour le Japon actuellement on ne peut parler que de solutions palliatives.

Je n'ai pas beaucoup de sympathie pour Anne Lauvergeon et pour tous les porte-paroles de l'industrie nucléaire que j'ai pu entendre s'exprimer en long en large et en travers sur toutes les chaînes depuis samedi mais là, elle m'a plu. Malgré la crise, son portable reste allumé au cas où sa fille l'appelle. Je me dis qu'elle a un bon sens des priorités.